contact@avocat-domcorp.fr
Tél. 04 72 12 10 47
Nous contacter

Accident du travail lors d’un déplacement professionnel : quels droits pour la victime ?

Un accident survenu lors d’un déplacement professionnel peut avoir des conséquences lourdes, tant sur le plan médical que professionnel. Pourtant, de nombreuses victimes ignorent que le droit français leur accorde une protection spécifique, distincte de celle applicable aux accidents de la circulation classiques. Qu’il s’agisse d’un accident de la route pendant une mission, d’un déplacement chez un client ou d’un trajet imposé par l’employeur, la qualification d’accident du travail ouvre des droits renforcés à la victime.

Encore faut-il comprendre dans quels cas cette qualification s’applique et quelles démarches doivent être accomplies pour faire reconnaître l’accident.

Accident du travail, accident de mission et accident de trajet : quelles différences ?

Le Code de la sécurité sociale définit l’accident du travail comme un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail, entraînant une lésion corporelle. Cette définition inclut expressément certaines situations de déplacement.

L’accident de mission concerne le salarié qui se trouve en déplacement pour le compte de son employeur. Pendant toute la durée de la mission, le salarié est présumé être sous l’autorité de l’employeur, y compris lors des trajets, des repas ou de l’hébergement, sauf interruption pour un motif personnel. Un accident de la route survenu dans ce contexte est donc, en principe, reconnu comme accident du travail.

L’accident de trajet, quant à lui, vise le trajet normal entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel de restauration. Il bénéficie également d’une protection spécifique, bien que le régime soit légèrement différent de celui de l’accident de mission.

Dans tous les cas, la qualification retenue conditionne les droits à indemnisation et la prise en charge par la Sécurité sociale.

La déclaration de l’accident : une étape obligatoire et déterminante

Dès qu’un accident survient lors d’un déplacement professionnel, la victime doit informer son employeur dans les plus brefs délais, idéalement dans les 24 heures. L’employeur est ensuite tenu d’effectuer une déclaration d’accident du travail auprès de la CPAM, dans un délai de 48 heures.

Cette déclaration est essentielle. Elle permet l’ouverture du dossier et conditionne la reconnaissance de l’accident au titre de la législation professionnelle. En cas de réticence ou de refus de l’employeur, le salarié peut lui-même saisir la CPAM afin de faire valoir ses droits.

Il est également crucial de consulter un médecin rapidement, afin d’établir un certificat médical initial, qui fera le lien entre l’accident et les lésions constatées.

La reconnaissance de l’accident du travail par la CPAM

La CPAM dispose d’un délai pour instruire le dossier et statuer sur la reconnaissance de l’accident du travail. En cas d’accident de mission, la présomption d’imputabilité au travail joue en faveur du salarié : l’accident est présumé professionnel, sauf preuve contraire.

Toutefois, des difficultés peuvent surgir, notamment lorsque l’accident se produit sur la route ou dans un contexte jugé ambigu par l’organisme social. La CPAM peut alors diligenter une enquête administrative ou solliciter des éléments complémentaires.

En cas de refus de reconnaissance, la victime dispose de voies de recours, notamment devant la commission de recours amiable puis, le cas échéant, devant le pôle social du tribunal judiciaire.

Quelle prise en charge pour la victime ?

La reconnaissance d’un accident du travail ouvre droit à une prise en charge spécifique, plus protectrice que celle applicable à un accident de la vie courante.

Les soins médicaux sont pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de la Sécurité sociale, sans avance de frais. En cas d’arrêt de travail, des indemnités journalières majorées sont versées, sans délai de carence.

Si l’accident entraîne des séquelles, la victime peut également prétendre à une indemnisation au titre de l’incapacité permanente, sous forme de rente ou de capital, selon le taux retenu. Cette indemnisation ne couvre toutefois pas l’intégralité des préjudices subis, ce qui rend parfois nécessaire l’engagement d’autres recours.

L’expertise médicale : un enjeu majeur en cas de séquelles

Lorsque l’état de santé de la victime se stabilise, une expertise médicale est réalisée afin d’évaluer les séquelles et de fixer un taux d’incapacité permanente. Cette expertise revêt une importance particulière en cas de blessures graves, de troubles musculo-squelettiques persistants ou de traumatisme crânien.

Certaines séquelles, notamment cognitives ou psychiques, peuvent être sous-évaluées si l’expertise n’est pas suffisamment approfondie. Il est donc essentiel que la victime soit correctement préparée à cette étape et qu’elle puisse, le cas échéant, se faire assister pour défendre ses intérêts médicaux et juridiques.

Peut-on obtenir une indemnisation complémentaire ?

Dans certaines situations, la victime peut prétendre à une indemnisation complémentaire, notamment en cas de faute inexcusable de l’employeur, ou lorsqu’un tiers responsable est impliqué dans l’accident (par exemple, un autre conducteur lors d’un accident de la route).

Ces recours permettent d’obtenir la réparation de préjudices non couverts par la législation professionnelle, tels que les souffrances endurées, le préjudice d’agrément ou le déficit fonctionnel permanent.

L’analyse de ces possibilités suppose une étude approfondie du dossier, tant sur le plan juridique que médical.

Le rôle de l’avocat spécialisé en dommage corporel 

Les accidents du travail survenus lors d’un déplacement professionnel se situent à la croisée du droit de la sécurité sociale, du droit du travail et du droit du dommage corporel.

Un avocat spécialisé intervient pour sécuriser chaque étape de la procédure : reconnaissance de l’accident, contestation d’un refus de la CPAM, expertise médicale, recherche de responsabilités complémentaires et chiffrage des préjudices.

Son accompagnement permet à la victime de faire valoir pleinement ses droits et d’éviter une indemnisation partielle ou inadaptée à la gravité des conséquences subies.

Conclusion

Un accident du travail lors d’un déplacement professionnel ouvre des droits spécifiques et renforcés pour la victime, à condition que les démarches soient effectuées correctement et dans les délais. Entre reconnaissance par la CPAM, expertise médicale et éventuels recours complémentaires, ces dossiers nécessitent une approche rigoureuse et personnalisée.

Face à la complexité des règles applicables et aux enjeux humains et financiers, l’accompagnement par un avocat spécialisé en dommage corporel constitue un atout essentiel pour garantir une protection effective et une indemnisation conforme au droit français.

Personnaliser
Youtube
Vimeo
Google Maps
Spotify
Sound Cloud